
C’est la seul et unique photo, de mes deux semaines avec Brad Pitt, le truc que je ne raconte même pas, tellement on ne me croit pas. Moi je n’oublierai pas.
Son appart était à coté, il venait en Velib’, suivi par un immense 4×4 noir avec deux ou trois mecs baraqués habillés façon FBI.
C’est eux qui tres gentiment nous ont exposé les consignes de ce travail dans le labo, pas de traces, pas de photos de lui, pas de com, secret absolu.
Le première fois qu’il a sonné à la porte du labo, faut avouer que c’est pas banal…
Ca a duré deux semaines…
Il venait tres tot le matin, s’enfermait dans le labo noir et blanc pour tirages barytés. Prenait seulement deux ou trois pause, pour du café surtout. et repartait le soir, en vélo ou à pieds. Toujours suivis de loin par ses gardes du corps.
Il n’y avait pas de bande test ni de déchets, car forcément, son tireur qui l’aidait, emmenait chaque soir le sac poubelle. Rien ne trainait, il ne restait rien apres son passage… ou presque.
Quand il prenait une pause entre deux tirages photos (il bossait son livre photo sur ses enfants et sa femme, 100% argentique, au Leica, mais avec de la pelloche de cinéma, beaucoup moins sensible), et il sortait comme ça, avec son chapeau déguisé en Brad Pitt, accroupi sur le bord du trottoir, personne le calculait.
Brad Pitt accroupi avec un téléphone et un café, Rue des Vinaigriers, à Paris, impossible…
La plus grosse conversation que j’ai eu avec lui, c’était pour parler de New York, et de mon expo au Lucernaire. Je ne saurai jamais si il est venu la voir, il avait promis.
C’était mes semaines avec Brad Pitt.
Incroyables, mais inoubliables.